Header image
   
Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libre. (Jean 8: 32)  
  
 


 
 

 

 


 

 

Format PDF à telecharger


Livret publié par

VIRGINIA STEPHENSON


Des pas…



sur la Voie Infinie

 

 

Traduction française de Monique Le Breton

Publié avec son aimable autorisation

 

Copyright de l’Édition anglaise :

© 1969 Virginia Stephenson

Copyright de la version française :

©1983 Monique Le Breton

Lorsqu’il m’a été demandé de faire cet opuscule sur la VOIE INFINIE, j’en fus ravie. Jamais encore je n’avais écrit d’article sur ce Message, mais cette sollicitation m’arrivait comme une occasion de dépassement, me permettant d’exprimer ce qui s’était développé et révélé en moi, en suivant ce Message.

Joël Goldsmith a dit : « Personne n’a un message personnel ». Tous les grands mystiques ont révélé cette ancienne vérité. Le grand Maître a dit : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé » (Jean 7 : 16). Quand ce Message est incarné et vécu en conscience – le Message vit.

Tout homme doit finalement prendre conscience du fait que « Je suis la Vérité », mais cette prise de conscience se produit rarement sans un passage graduel à cette vérité. On a relaté à travers l’histoire, les expériences d’illumination d’un petit nombre d’individus qui n’avaient pas – ou avaient peu – été préparés spirituellement à cette expérience. Le malheur fut qu’en de tels cas, les personnes étaient incapables de pénétrer à nouveau dans cette conscience d’amour plus élevée qui leur était venue comme un acte de Grâce. Nos pas, tout au long de la Voie, sont ordonnés, et une préparation tout au long des âges, par les grands révélateurs spirituels, révèle la « Parole qui est la lampe sur nos pas ». (Psaumes 119 : 105)

Quelques-uns des pas à franchir dans ce Message, sont présentés dans cet opuscule. Dans la première partie, nous dirons comment fonctionne ce Message étudié dans le monde entier par des individus travaillant ensemble dans l’amour et l’unité, sans liens matériels pour les relier.

Le Message de la VOIE INFINIE est unique en ceci, qu’il n’est pas construit autour d’une personnalité ou d’une expérience spirituelle singulière. Il n’est pas non plus circonscrit c’est-à-dire limité par une quelconque autorité, un texte ou une croyance ; mais il est plutôt basé sur une interprétation spirituelle des Écritures.

Dans le livre de Joël Goldsmith intitulé Au-delà des mots et des pensées, au chapitre 4, nous lisons : « Les étudiants qui réalisent que la Voie Infinie est une révélation de Dieu Lui-même apparaissant sur cette terre, comprendront naturellement que le but de cette révélation est de leur permettre d’aller accomplir les mêmes choses, car « si je ne pars pas, le Consolateur ne viendra pas à vous ». Si vous continuez à croire qu’il s’agit de la démonstration de Moïse, d’Isaïe, de Jésus, de Jean, de Paul, de Joël ou de n’importe qui d’autre, vous ne saisirez pas la vérité que chacun d’eux a démontrée, afin de révéler la nature universelle de la Vérité.

Dans un message de cette nature, le voyageur spirituel a besoin d’être guidé sur la Voie, jusqu’à ce que l’expérience de son illumination se produise. Dans les Écritures, on fait usage du mot « aveugle » pour caractériser l’esprit non-illuminé. « Si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous les deux dans un fossé » (Matthieu 15 : 14). Jusqu’à ce que l’expérience de l’illumination arrive au voyageur spirituel, expérience qui lui révèle que « Je suis le Chemin, la Vérité, et la Vie », des provisions sont à sa disposition pour un agréable voyage dans le royaume intérieur de Dieu. Dans les Proverbes, le prophète révèle la voie de sagesse : « Ses Voies sont des voies agréables et tous ses sentiers sont paisibles ». Ceux qui suivent la ligne tracée par les écrits illuminés s’aperçoivent que, même si « le chemin est étroit et resserré » et s'« il y en a peu qui le trouvent », c’est un chemin de délices et de paix.

On trouve dans ce Message, deux principes qui vont nous guider fondamentalement : celui de la nature de Dieu et celui de la nature de l’erreur. Une compréhension intellectuelle de ces principes de base aide le voyageur spirituel à faire usage de son mental de manière créatrice. Le mental étant un instrument, il doit être utilisé et non pas laissé vide. On peut utiliser son entendement pour raisonner, mais on peut aussi l’utiliser de manière créatrice en tant que voie d’accès consciente à la révélation. Quand nous laissons notre mental tourner à vide dans son état conditionné, notre expérience quotidienne est influencée par ce conditionnement qui agit alors à travers ce mental disponible. Il est de la plus haute importance d’avoir une compréhension claire du mental conditionné et du mental inconditionné, et le livre Le tonnerre du silence nous fournit à ce sujet des explications très claires.

La méditation-contemplation sur la nature de Dieu et la nature de l’erreur permet à l’étudiant de ne plus attacher son regard sur la personnalité et les conditions issues du sens matériel (de l’existence), et de focaliser par conséquent son attention sur les valeurs spirituelles, afin que le Royaume de Dieu – et son trésor de paix, d’amour, de joie, de santé et d’harmonie – soit l’expérience quotidienne de la prière exaucée.

Sur ce sentier, il y a encore d’autres provisions pour le voyageur ; ce sont les classes données par Joël Goldsmith, enregistrées sur cassettes et permettant à l’étudiant de suivre la révélation de la Vérité à mesure que ce Message passe et se révèle Lui-même. Celles-ci, ainsi que le travail fait dans d’autres classes, ne nous donnent pas seulement la lettre de Vérité, mais l’élévation de conscience qui est nécessaire pour faire l’expérience de Dieu.

Il existe une Lettre mensuelle envoyée à la demande des étudiants. Le matériel utilisé dans la Lettre est emprunté au travail effectué par Joël Goldsmith au cours de ses classes et il est inédit et nouveau chaque mois. Lorsque les étudiants s’unissent en conscience en étudiant la Lettre mensuelle, dans laquelle prend corps, toujours, une ré-affirmation des principes de base, quelle que soit la révélation qui se produit dans la conscience des étudiants dans une partie du monde, elle sera révélée aux étudiants des contrées éloignées, en vertu de l’unicité de la Conscience. Le Message de la Voie Infinie est à l’œuvre dans le monde entier à travers différents individus qui se trouvent à des degrés divers de développement. Comme ni le temps ni l’espace n’existent dans la conscience spirituelle, « quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12 : 32). L’état de conscience le plus haut élève les états qui lui sont inférieurs.

Le voyageur sur cette voie a en plus à sa disposition toute une pléiade de livres correspondant à tous les degrés de conscience. Ayant tout cela pour l’aider dans son cheminement, il n’a toujours aucun engagement à prendre, aucune adhésion à faire, car il n’y a (dans la Voie Infinie) aucune cotisation ni organisation, ou autorité humaine. La relation entre les étudiants, dans ce travail, est un état de fraternité spirituelle, basé sur la reconnaissance qu’il n’existe qu'« Un seul Père » à nous tous, et que chacun de nous a tout, dans son union consciente avec la Source. C’est une unité de l’Esprit sans règles ou règlements, ne réfléchissant que le gouvernement de Dieu.

Lorsqu’il vit par expérience la réalisation ultime de l’Unité, le voyageur n’a plus besoin de voie. Pour lui, plus besoin de penser à la vérité, plus besoin de mots ou de pensées, car, avec la réalisation vient la connaissance consciente et vivante que « Moi et le Père, nous sommes UN »… que « Celui qui me voit, voit Celui qui m’a envoyé ». Dans cet état spirituel d’union consciente, nous faisons l’expérience du repos sabbatique dans lequel l’Intérieur et l’extérieur s’intègrent en tant que UN, apparaissant comme expérience individuelle.

Cette voie n’est pas absolue, mais elle conduit à l’expérience de l’UN, laquelle est absolue, tout en nous reliant simultanément aussi au monde des effets en amenant chaque facette de la vie sous le gouvernement de Dieu. En présentant un Message d’une portée aussi infinie, et en le présentant par degrés, il y aura des paradoxes et des contradictions. Mais à mesure que s’opère le développement, dans chacun de ses degrés, et que la reconnaissance ouvre la voie à la réalisation, ce qui nous avait guidé jusqu’à la réalisation d’un certain degré est abandonné comme étant la « manne » d’hier. Ainsi donc, le voyageur sur cette voie, s’aperçoit que le Message Lui-même, se révèle toujours Lui-même, par une voie nouvelle et vivante, une VOIE INFINIE.





La Vérité ne peut être apprise, elle doit être une révélation en soi. À notre époque où l’éducation est un processus d’endoctrinement, de transmission d’un savoir par voie d’autorité, l’étudiant cherche un maître ou un enseignement pour s’instruire au moyen de son intellect et de sa mémoire. Mais la Vérité est transcendante et sa transmission emprunte un canal plus élevé et plus subtil que l’intellect ; Elle passe par les facultés spirituelles ou discernement spirituel.

Paul nous dit : « L’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui et il ne peut les connaître parce que c’est spirituellement qu’on les discerne » (Paul I Corinthiens 2 : 14, 15). L’homme naturel veut atteindre ou parvenir à la réalisation de Dieu ou encore ajouter à son état naturel des capacités spirituelles. Le grand paradoxe est là : ce que l’homme naturel recherche est déjà là, omniprésent, mais ne peut se démontrer que lorsque le jugement matérialiste de cet homme naturel consent à mourir, afin d’ouvrir la voie à l’expérience d’une vie vécue à partir d’une conscience nouvelle. Aussi longtemps qu’existe le moindre souhait, ou désir, ou motif d’atteindre ou de parvenir à un quelconque bien provenant de l’extérieur de soi y compris même d’un pouvoir de Dieu, c’est l’homme naturel qui continue d’agir en tant qu’entité. C’est ici que la méditation sur un principe spirituel aide l’homme naturel à mourir à ce sens matérialiste (de la vie) qui, toujours, s’efforce d’obtenir ou d’acquérir quelque bien extérieur à son être propre.

Le principe de l’Un a été connu de tous temps. « Écoute, ô Israël, le Seigneur notre Dieu est Unique* ». Le terme Israël ne se rapporte pas ici à une race particulière, mais à un état éveillé ou illuminé de notre conscience. Le prophète dit : « Écoutez, prêtez attention vous qui veillez, l’Être est Unique ». Il est dit dans la Voie Infinie : « Cela même que je cherche, je le suis déjà ». Ceci nous interdit de regarder à l’extérieur de notre propre être. Le Message de la Voie Infinie développe ensuite ce principe de l’unicité en disant : « Dieu est Un, Un seul être, Une seule loi, Une seule cause, Une seule substance, Une seule activité, Un seul pouvoir, Une seule intelligence, Un, Un, Un. » Quand un homme médite sur ce principe de l’unicité, il sait instinctivement que cette unicité est sans rapport avec son état naturel, égotiste, qui hait, craint et aime diverses formes et conditions de l’expérience de la vie. Il ressent toutes les faiblesses de son individualité humaine et il sait que ses pensées et son corps, tels qu’il les conçoit, ne peuvent jamais être immortels et divins. Mais comme il n’y a qu’Un seul être, et qu’il est cet être unique, il ne peut chercher en dehors de sa conscience cette dimension infinie de la Vie.

Il poursuit son investigation contemplative en méditant sur des concepts, tels ceux donnés dans les Écritures : « Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1ère Épître de Jean 4 : 4). Ici intervient le sens d’une dualité, le sens de quelqu’un au-dedans qui est plus grand que quelqu’un visible au dehors. Il faut alors que l’homme naturel vérifie ce principe par expérience. Lorsqu’un ennui se présente à l’homme naturel, quel que soit le nom ou la nature de cet ennui, il met consciemment à l’épreuve le concept présenté ci-dessus, en se rappelant consciemment qu’il y a en lui Quelque Chose de plus grand que ce qui apparaît dans le visible. On lui a dit aussi que ce Quelque Chose fonctionne « non par la puissance, non par le pouvoir, mais par Mon Esprit, dit le Seigneur ». Il ne lui est pas demandé de le croire, car la croyance n’est que pur aveuglement, mais de soumettre à l’expérience ce principe d’Un seul pouvoir, Une seule présence, Une seule loi, Une seule cause, Une seule substance, Une seule vie, Une seule activité et cet Unique Esprit – non pas en faisant quelque chose, mais en « ÉTANT ». Cet Être invisible est plus grand que celui qui apparaît dans le monde et cet UN ne fonctionne pas par la puissance physique ou mentale, ni par le pouvoir, physique ou mental – mais spirituellement.

Si l’homme naturel a l’esprit d’aventure, s’il veut bien prendre la position d’un témoin ou d’un contemplateur et si, par le rappel conscient de ces principes simples, il observe les problèmes qui surviennent, sans s’efforcer de les transformer, il sera frappé d’une étrange stupeur. Il verra les problèmes commencer à disparaître et à se résoudre. Il verra agir le grand principe de la Grâce ou du Tao.



* Le texte anglais est le suivant : « 'Hear Oh Israel : The Lord our God is One ». Ce qui doit être entendu, selon l’auteur, dans le sens d’Unique Présence et Unique Pouvoir ». (cf. Marc 12 : 29)

Ce premier pas accompli, un peu de l’homme naturel est mort, car il ne s’est pas défendu lui-même, il n’a pas été agressif, il n’a pas lutté, argumenté, essayé de changer le problème. Il a pris la position d’un contemplateur ou d’un témoin observant qu’il n’y avait qu’Un seul pouvoir, Une seule loi, Une seule cause, Une seule substance, Une seule activité, et que cet « UN » immaculé était cette dimension de l’intériorité, qui était plus grande que l’homme visible dans le monde.

Alors, lorsqu’une telle expérience vivante se produit, l’homme naturel commence à mourir chaque jour de son plein gré, à l’auto-préservation, à l’auto-magnificence, à l’auto-condamnation, à l’auto-justification ou volonté personnelle. « Que ta volonté soit faite » s’énonce silencieusement et sans restrictions dans son cœur, non pas en direction d’un Dieu éloigné, mais à un Dieu vivant, une Présence vivante qui est omniprésente.

La Voie Infinie révèle la nature de cet UN comme étant Omniprésence, Omnipotence et Omniscience. Il est recommandé à celui qui voyage sur cette voie, de méditer sur ce principe de l’unicité jour et nuit, « de l’inculquer à tes enfants, d’en parler quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras » (Deutéronome : 6 : 7).

Ne croyez jamais que cet Un puisse être influencé par « l’homme dont le souffle est dans les narines », mais croyez plutôt que la manifestation visible peut être influencée par cet UN qui est sacré (entier et total). Le voyageur sur la voie doit constamment veiller à ce que, ni en pensée ni en action, il n’existe en lui une quelconque tentation d’influencer cet UN dans le sens d’un bien ou d’un mal. Cet UN doit être l’influence divine, l’unique activité, l’unique loi, l’unique cause.

Celui qui chemine sur la Voie doit être sûr que ses méditations sont exemptes de tout désir d’acquérir quelque chose, y compris les trésors spirituels du Royaume de l’UN. Car tenter d’acquérir ou d’atteindre la spiritualité signifierait qu’il y a un autre UN à parfaire, à enrichir et ainsi il n’y aurait plus la conscience de l’unicité (de ce qui est UN) mais au contraire, de la dualité (de ce qui est « deux »). Un Dieu et un homme à sauver, à enrichir ou à spiritualiser, cela ne signifierait pas la mort des tendances agressives naturelles à la préservation de soi et à l’effort en vue de parvenir à des fins personnelles. Ainsi, en méditant sur l’UN, l’ancienne prière théologique dualiste, avec ses récompenses et ses sacrifices, ses dons et ses retenues, cédera la place à la réceptivité silencieuse : « Que Ta volonté soit faite ».

À mesure que la manifestation de la réalité de l’UN-Invisible, devient par la méditation, une expérience vivante, la vérité est attestée que cet UN est la Présence qui « aplanit les chemins montueux ». Cet UN marche devant nous pour préparer la Voie. Cet UN est « le Chemin, la Vérité et la Vie ».

L’homme naturel examine son corps pour y trouver le royaume de Dieu à l’intérieur, mais il ne trouve pas de centre spirituel à l’intérieur de la structure physique du corps. L’Écriture nous donne ce commandement : « Cessez de vous confier en l’homme dont le souffle est dans les narines » (Isaïe 2 : 22)…. « Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre ! Car je suis Dieu et il n’y en a point d’autre » (Isaïe 45 : 22). Scrutez la tombe appelée le sens physique corporel et découvrez que je n’y suis pas, car Je suis Conscience.

Il y a une dimension de l’être qui ne peut être mise au tombeau ni conceptualisée et c’est la Conscience. Chacun d’entre nous est conscient. Nous sommes conscients de notre corps, nous sommes conscients de notre foyer, de notre famille, de nos amis. Nous sommes conscients de l’univers, du soleil, de la lune, des étoiles, des galaxies, du brin d’herbe, des oiseaux qui s’élèvent dans les airs, des vagues qui mugissent – et tout cela, ce sont des expériences de perception consciente. Supprimez la conscience et le corps entre en état de prostration ; les muscles et les os cessent de mouvoir le corps, ceci étant accompli par la Conscience. Supprimez la conscience et il n’est plus possible de voir, d’entendre, d’avoir des sensations, car les perceptions de phénomènes extérieurs dépendent aussi de la Conscience. Supprimez la Conscience et vous ne percevez plus que vous avez un corps, un foyer, un environnement, un ami ou l’univers. La Conscience est la réalité fondamentale – une substance et une activité infinies, indivisibles – qui est la Vie Elle-même. La Voie Infinie nous dit que la Conscience est Dieu, le UN immaculé. La Conscience n’est pas divisible, vous ne possédez pas une conscience, il n’existe qu’Une seule Conscience, Un seul Être et cet UN est Dieu.

Cet UN n’est pas une possession de l’homme ; au contraire la Conscience possède et inclut toute forme, y compris le corps, les pensées, les sentiments, les formes et les images. L’Unique Conscience renferme tout, elle est notre Père à tous. Un autre fait se rapportant à la Conscience est le suivant : l’homme naturel ne peut utiliser la Conscience, parce que la Conscience possède et inclut toute forme et qu’Elle se sert du mental inconditionné de l’être individuel, fonctionne à travers ce mental inconditionné de l’être individuel. La Conscience est fondamentale, Elle est le fondement originel de tout être et Elle s’exprime en tant que conscience individuelle.

Voilà donc la découverte que fait le voyageur spirituel : elle doit toutefois être mise à l’épreuve, car on connaît la vérité par ses fruits. La fonction de la vérité est de nous rendre libres : « Vous connaîtrez la Vérité et la vérité vous affranchira ». Mettez cette vérité à l’épreuve, scrutez votre corps pour trouver où est la Conscience. Rappelez-vous ceci : tout ce dont vous êtes conscient est dans la Conscience, sinon vous n’en auriez aucune expérience, aucune connaissance consciente. Vérifiez cela, découvrez cela par vous-même.

L’Éternel dit au grand prophète Abraham métaphoriquement : « Maintenant, lève les yeux, et du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’Orient et l’Occident ; car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours… Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car je te le donnerai » (Génèse 13 : 14, 15-17). Ce qui était vrai autrefois l’est présentement et tout ce que nous saisissons dans le champ de notre conscience est possédé, gouverné, contrôlé et maintenu dans la Conscience et par la Conscience, sans effort personnel.

« La terre est au Seigneur (Conscience) et tout ce qu’elle contient » et « Fils (conscience individuelle), tout ce que j’ai est à toi ». Tout ce que le Père-Conscience est et a, est à nous pour y prendre plaisir, mais est à jamais maintenu et soutenu par la Conscience. À mesure que ces vérités percent en son esprit, l’homme naturel accepte de mourir à ses anciens comportements : lutter et faire des efforts, accomplir et acquérir. Ainsi, sa vigilance consciente en éveil peut voir en témoin la Conscience se développer et se libérer Elle-même. « Vous êtes mes témoins dit le Seigneur, est-ce que je ne remplis pas le ciel et la terre ». Remplis le ciel et la terre de quoi ? Une seule Conscience, Un seul pouvoir, Une seule loi, Une seule cause, Une seule substance, Une seule activité, Une seule vie, Un seul amour, Un seul être.

Ainsi donc l’Unicité et la Totalité de la Divinité donnent vie à une expérience magnifique, une aventure vivante pour Dieu, se révélant être « Tout en Tout ».

« Comprenez-vous ce que je suis en train de vous dire ? Dieu, la santé, l’abondance, la liberté, l’amitié – ce ne sont pas des entités ou identifications – mais des expériences. Et cette expérience de Dieu est ce qui nous vient, et nous vient seulement, par un processus qu’on appelle la méditation » (Vivre la Voie Infinie).

Par la méditation, celui qui chemine sur cette voie trouve devant lui une porte ouverte, une porte par laquelle tous peuvent entrer pour se « reposer dans de verts pâturages, près des eaux paisibles » en étant pleinement et merveilleusement satisfaits. La porte ouverte, c’est la réceptivité nécessaire pour vivre la Voie Infinie.

La réceptivité a pour fondement l’humilité, non pas un sens de la dépréciation de soi, mais cette humilité qui est conscience de notre ignorance. Lorsqu’on pense « je sais », toute recherche s’arrête et l’aventure spirituelle cesse avant même d’avoir commencé. Accepter de commencer à vivre dans une attitude de contemplation, d’attente et de vigilance, pour voir ce que l’Infini Invisible dévoile et libère, c’est ouvrir la voie à une vie nouvelle. Personne ne peut s’embarquer dans cette aventure vivante avant de consentir à abandonner les filets du désir et des concepts figés. C’est seulement lorsque le désir et le savoir s’en sont allés que l’humilité et la douceur gouvernent et que « les doux reçoivent la terre en héritage ». Un trésor de richesses, sans propriétaire connu, attend ceux qui entrent en méditation avec douceur et humilité devant l’Invisible Infini, dans l’attente qu’Il dévoile et révèle Sa nature divine.

Nous vivons pour la plupart d’entre nous dans le domaine physico-mental de ce qui peut être connu, entendu et vu. Nos méthodes sont agressives, car afin de parvenir à la réalisation de nos désirs, nous employons la puissance ou le pouvoir physique ou mental. Vivre spirituellement, c’est renoncer à toute dépendance à l’égard des choses qu’on peut connaître entendre et voir. Nos méthodes doivent changer : non plus faire et accomplir, afin d’être ; alors, dans une attitude de laisser faire, ce qui est nouveau se dévoile et se révèle lui-même. Pour que quelque chose de nouveau apparaisse, ce qui est ancien doit disparaître, sinon notre vie se passe à répéter constamment les mêmes expériences, à refaire les mêmes erreurs. Dans la philosophie orientale, la répétition constante du « connu » est appelée « action karmique » ou « état d’être sur la roue ». Dans les Écritures judéo-chrétiennes, cette même action répétitive s’appelle « semer et moissonner » ou « ce que vous semez vous le moissonnerez aussi ». L’histoire humaine est le compte-rendu de l’action karmique, cause et effet, action de semer et de moissonner. En métaphysique, ce phénomène de réaction est connu comme étant la loi de cause à effet. L’homme limité par le connu, sème dans ce domaine et il moissonne donc du « connu » : il est récompensé et puni par sa propre vision limitée de l’Infini. Là où opère un sens personnel de l’ego disant « je sais, je désire, je veux », ce sens personnalisé de la vie ne fait l’expérience que de la répétition de ce « connu » car « une fontaine ne peut jaillir plus haut que sa source ». Quand le sens personnel de l’ego se considère comme étant lui-même un auteur, un censeur, un juge – s’il pense qu’il crée, condamne et décide, il n’y a aucune humilité ou réceptivité envers l’Invisible Infini, aucune place pour la manifestation de ce qui est neuf et nouveau. Aucune chose nouvelle ne pourra remplir un récipient déjà plein. Le mental rempli de « connu » ne peut jamais être le canal de la prise de conscience de l’Infini qui ne se voit. La réceptivité inclut en elle-même le vide qui peut recevoir. Les Écritures nous disent : « Ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment » (I Corinthiens 2 : 9).

On ne peut empêcher la nature humaine de s’exprimer en la réprimant, en la disciplinant ou en la critiquant. En comprenant, sans condamner ni personnaliser, le mode d’action et les motivations de la volonté humaine, du désir humain, un changement fondamental s’opère par perception directe. L’acte même d’observer l’activité du mental sans juger est l’humilité qui permet à la vérité de nous affranchir.

L’objet d’une méditation de cette nature est de conduire l’individu au-delà du domaine mental, au-delà des mots et des pensées, dans une nouvelle dimension d’éveil de la conscience ou ce qui est faux est perçu comme étant faux et où la compréhension est immédiate. Être libéré de l’habitude d’identifier quoi que ce soit à quelque chose de connu – pensée ou objet – c’est pratiquer le type de méditation que donne Joël Goldsmith dans L’art de la méditation :


« Lorsque nous fermons les yeux pour essayer de méditer, nous sommes étonnés de découvrir une fabrique en pleine effervescence à l’intérieur de nous-même. Toutes sortes de pensées nous traversent l’esprit, certaines simples comme « est-ce que j’ai fait sortir le chat ? ». D’autres pensées moins simples ou insignifantes nous viennent aussi à l’esprit : ce sont des pensées de crainte ou de doute. Ne redoutons pas ces pensées, ce sont des pensées du monde. Nous sommes comme des antennes captant toutes les émissions du monde. Si nous ne prêtons pas attention à ces pensées du monde, en l’espace de quelques jours ou semaines elles mourront faute d’avoir été nourries. C’est seulement dans la mesure où nous les acceptons comme étant nos pensées que nous les nourrissons.

« Dès l’instant où nous personnalisons des pensées en les acceptant comme étant nos pensées, nous nous identifions à elles et nous déclenchons par là même la loi de cause à effet (ou loi de « semer et moissonner » ou encore action karmique) par nos acceptations ou refus, en jugeant, condamnant ou personnalisant. À l’instant même où il nous sera possible d’observer le mouvement de la pensée sans émettre de jugement ou d’opinion, il cessera d’être un facteur venant interférer dans la vie de maintenant. »

« Bien que notre objectif soit de parvenir à un état de tranquillité et de réceptivité, nous ne devrions jamais essayer d’arrêter de penser ou essayer d’anéantir nos pensées. Laissons les venir. Nous allons nous asseoir bien confortablement et les observer, les voir de manière impersonnelle. À la fin elles s’arrêteront et nous serons en paix. Aussi souvent que nos pensées vagabondent au cours de la méditation, nous revenons doucement, sans impatience, au sujet de notre méditation. Il arrivera un moment, dans la mesure où nous continuerons cette pratique, où ces pensées étrangères ne feront plus irruption dans notre conscience. Nous les aurons laissé mourir en ne les nourrissant pas. En ne les combattant pas, nous nous serons rendus si indifférents à ces pensées, qu’elles ne reviendront pas nous harceler. Si par contre nous les combattons, elles demeureront à jamais en nous ».


À mesure que nous utilisons le mental de cette façon impersonnelle, nous commençons à discerner le faux comme étant faux, et à comprendre que nous sommes constamment influencés par des croyances et opinions relatives à la fois à ce qui est bien et à ce qui est mal. Nous percevons que nous sommes constamment tentés de faire des choix, d’émettre des jugements, de prendre des décisions qui sont fondées sur la croyance au bien et au mal. C’est cette activité des croyances relatives à ce qui est bien et mal, qui est l’influence mentale à laquelle nous réagissons sans en avoir conscience. Comme Ève, nous avons mangé de l’arbre de la connaissance du bien et du mal et de ce fait, nous sommes sortis de la paix, de l’amour et de la joie du Jardin d’Éden, où le gouvernement est « sur Ses épaules ». À mesure que nous assistons à cette auto-révélation, nous nous apercevons que nous, nous-mêmes, en acceptant ce que nous croyons bien et en rejetant ce que nous croyons mal, ou encore en y résistant, nous avons nourri et perpétué la croyance en deux pouvoirs et nous avons vécu à partir de ce système conditionné de référence.

Ici donc est révélée la nature de l’erreur ; c’est, dans la Voie Infinie, l’un des principes majeurs. La croyance en deux pouvoirs fonctionnant à notre insu en tant qu’opinion et croyance personnelles selon lesquelles nous agissons ensuite comme si nous en étions nous-mêmes les auteurs, explique les réactions d’agressivité et de préservation de soi, courantes dans notre société d’aujourd’hui. Telle est la cause de toutes les discordes physiques, mentales, raciales et nationales. Cette conjoncture mentale opérant sans frein et à notre insu est l’hypnotisme de l’auto-suggestion qui dérobe à l’individu la paix, la liberté et l’amour. Au moment même où l’individu est capable de prendre l’attitude de la vigilance contemplative, les suggestions hypnotiques sont reconnues comme étant des suggestions sans loi, sans cause ou substance ou autorité ; elles sont regardées comme étant de simples impostures mentales qui, reconnues comme telles, doivent être écartées sans résistance ni personnalisation. C’est ainsi que l’on comprend et que l’on fait l’expérience de la liberté, non pas en tant que récompense provenant d’un pouvoir extérieur ou obtenue par la force – mais résultat naturel de la connaissance de soi. Lorsque, par la méditation, nous nous connaissons nous-mêmes, nous ne pouvons plus être victimes des suggestions agressives issues du plan inaudible du mental collectif ou de la publicité tapageuse des médias. Cette connaissance de soi-même, cette connaissance du « connu » comme étant fini et limité, est la connaissance qui nous libère et nous laisse de plus dans un état de paix qui « dépasse toute compréhension », une paix qui est non-connaissances ou non-savoir. Dans cet état de non-savoir, nous nous rendons compte que nous sommes un univers uni, que toute marque de séparation ouvre la voie à l’union et à l’unicité. Dans cet état incommensurable d’éveil de la conscience, nous faisons l’expérience d’une nouvelle dimension de la vie, qui s’écoule du dedans vers le dehors. Là où n’existe aucun désir d’acquérir mais au contraire la réalisation que toute activité harmonieuse s’écoule déjà d’elle-même, il y a humilité, douceur, réceptivité.


L’art de la méditation de Joël Goldsmith révèle les deux voies de la méditation. D’abord la voie qui consiste à découvrir le mode d’action du mental, grâce à une réceptivité silencieuse et à une vision claire du caractère erroné de toutes croyances. Deuxièmement, à mesure que se révèle et se vit l’expérience du « maintenant » et que tonne le Silence intérieur, il y a des moments de joie intense dans cette liberté nouvellement trouvée. La méditation devient alors une joyeuse communion de louanges intérieures et d’action de grâces pour les minutes et les heures exquises de tranquillité et de paix intérieures, au cours desquelles existent une union avec toute vie, un amour et un regard de tendresse vers toutes les créatures et toute la création.

Cet état de tranquillité et d’amour intérieurs n’est pas le vide mental, bien que, lorsque cette tranquillité de l’esprit « arrive » au voyageur spirituel, elle soit souvent confondue à tort avec le vide mental, car elle n’est en rien comparable à quoi que ce soit. Le voyageur spirituel, après des années de recherches et de quêtes, parvient à la prise de conscience que, si vous pouvez le connaître, ce n’est pas CELA. Il y a un passage dans Job, qui illustre ce point, quand Job se rend compte que l’Invisible Infini ne peut être connu par l’intelligence humaine. Job dit : « Il étend le septentrion sur le vide, Il suspend la terre sur le néant » (Job 26 : 7). Le voyageur spirituel perçoit également que tout ce qui est, émane de RIEN, de rien qui puisse être connu, entendu ou vu. C’était cette révélation même d’aucun pouvoir, qui vint à Joël Goldsmith, tout comme elle viendra à quiconque comprend la méditation en tant qu’infini inconditionné dans lequel les formes temporelles de pouvoir sont annulées et la paix et l’harmonie restaurées dans le mental et le corps. Joël Goldsmith révèle cette découverte dans L’art de la guérison spirituelle (Chap. 5 : Quel obstacle t’arrête) : L’arme qui combat l’erreur, qu’elle soit offensive ou défensive, n’est ni physique ni mentale ; elle n’est ni action, ni paroles, ni pensées : elle est uniquement connaissance de Dieu… Vous aurez alors un lumineux aperçu de ce qu’est Dieu en tant que EST : non pas un pouvoir quelconque s’exerçant envers quelque chose ou quelqu’un, mais simplement : DIEU EST. Vous commencez alors à comprendre qu’aucun pouvoir n’agit à l’égard de qui que ce soit ; vous devenez un contemplateur de la réalité au fur et à mesure qu’elle se dévoile. Tous les problèmes s’évanouissent dans la mesure où vous développez en vous cette aptitude au calme et à la contemplation qui fait de vous un témoin du déploiement de l’harmonie divine. C’est alors qu’en vertu de la loi d’unité, votre patient ressent les effets de cette harmonie ».

C’est à ce niveau d’éveil de la conscience que l’aventure spirituelle commence, car dès lors, il n’y a plus aucune recherche ou quête mais la prise de conscience que tout EST déjà, et que ce qui EST doit dévoiler et livrer Ses secrets. Ce processus est l’activité même de l’ÉTAT D’ÊTRE ; ÊTRE n’est pas un état statique ; ÊTRE est un processus de dévoilement – l’Infini Se dévoilant et Se libérant Lui-même. Comme il n’y a plus aucun désir ni aucune volonté personnels à accomplir ou à satisfaire, le voyageur spirituel est transporté dans une nouvelle dimension où des aptitudes jusqu’alors inutilisées et inconnues se révèlent et deviennent pour lui une expérience vivante. Comme la conscience de chaque individu est la Conscience infinie et universelle et comme cette Conscience est la substance de toute forme, il y a une infinité de formes nouvelles qui se présentent. Comme cette Conscience est universelle et impersonnelle, les activités agressives en vue de se préserver soi-même ou de satisfaire sa propre avidité – activités centrées sur l’ego – n’ont plus cours. Les formes nouvelles issues de l’Invisible Infini ne seront pas préjudiciables au monde.

Par son entrée dans le silence de l’être, l’individualité ne se trouve ni absorbée ni perdue. Il y a perte de toute volonté personnelle, de tout désir personnel, perte du je, du moi et du mien, la personnalité étant le masque des influences conditionnées fonctionnant dans le mental en tant que croyances de bien et de mal. La personnalité, le sens personnel, les préoccupations de l’ego font place à l’individualité dans son caractère unique – l’individualité étant l’indivisibilité de la conscience s’exprimant en tant que chacun d’entre nous, en tant que connaissance consciente totale. « Individualité » signifie à l’origine « non-divisible », et c’est donc dans ce sens que nous employons le mot. Faire l’expérience de l’union consciente avec toute la création, c’est une expérience qui se produit quand le mental est dans un état réceptif inconditionné de vigilance consciente. Le mot « conscience » tel qu’il est employé dans le message de la Voie Infinie signifie « État d’Éveil » conscient, total, n’ayant donc pas à être développé – conscience de cela qui EST. Dans ce sens-là, demeurer dans la Conscience dans le Silence de l’Être, ne provoque aucun phénomène d’absorption. La Conscience étant « la Lumière du monde » est la substance et l’activité de toute vie ; Elle émet et exprime constamment Sa nature et Son caractère infinis. Nous nous apercevons alors, quand nous sommes en méditation, que « ce que je suis en train de chercher, cela même je le suis déjà ». Telle est la vérité fondamentale. Ainsi donc, celui qui est sur cette voie perçoit que rien de négatif ne s’ensuit à libérer le mental par la méditation, de la somme de son « connu », car c’est seulement ainsi qu’il nous est possible de faire l’expérience de ce qui pour nous est nouveau, et de pénétrer dans une « voie nouvelle et vivante », une VOIE INFINIE.



L’INFINI EST LA VOIE


* * *



LA VOIE

– VOIE DU NON-SAVOIR



OU L’ESPRIT EST LIBRE DE TOUT DÉSIR

MAIS TOUJOURS RÉCEPTIF

A CE QUI EST NOUVEAU



OU L’ACTION

S’IMPOSE D’ELLE-MÊME

SANS QU’INTERVIENNENT

LA FORCE

ET LE MENTAL



OU LES SENTIMENTS

SONT DÉNUÉS DE SENSATION

ET D’ÉMOTION



OU L’AMOUR

N’A PLUS AUCUN OBJET D’ADORATION



LA VOIE



OU L’ON OBSERVE

SANS JUGER



OU L’ON ENTEND

AU-DELÀ DES MOTS ET DES PENSÉES



OU L’ON VIT

L’INSONDABLE

L’INFINI


***

JE SUIS